Quelques jours en Islande

Par

Kirjubaeljarklaustur 14OK

10 jours en Islande, 1O jours de paysages étonnants, hallucinants, post apocalyptiques, magiques… 10 jours sans voir la nuit… 10 jours à voir plus de moutons, d’oiseaux et de chevaux que d’humains… 10 jours de vides et donc de pleins.

Jour 1 :

Arrivée à l’aéroport de Keflavik dans l’après midi. Prise en main de notre petit 4X4 Suzuki. Le 4X4 s’impose car sortie de la route 1, la route principale, celle qui fait tout le tour de l’île, les petites routes qu’elle dessert sont parfois très caillouteuses et certaines routes (celles portant la lette F) sont mêmes formellement interdites sans 4X4.

Nous filons vers le Blue Lagoon, première halte et première sensation forte de notre séjour : il fait 10 degrés dehors et nous enfilons nos maillots de bains pour une eau à 38°, bleu lagon c’est le cas de le dire, au milieu d’un paysage noir, lunaire, un peu post apocalyptique. Y siroter un petit verre, tranquille, la tête dans l’air frais, le corps dans l’eau chaude, une belle manière de commencer notre séjour en Islande et de se sentir déjà profondément ailleurs.

Nous avions laissé tous nos bagages dans la voiture, garée sur le parking. Il semblerait qu’on ne risque pas grand chose en Islande, le pays ayant même était déclaré le plus paisible du monde en 2012.

Bon à savoir : l’eau n’étant pas traitée, on prend une douche tout nu avant de se baigner dans le lagon. On peut prendre serviettes et peignoirs sur place avec un supplément, histoire de ne pas se trimballer avec les serviettes humides pendant tout le séjour.

Après cette baignade, nous reprenons la route 1 en direction de Reykjavik, pour y passer la soirée.

Bonnes adresses :
Notre appart hôtel, le AR Central Apartments est très bien situé, au 3 Austurstraeti (entrée sur l’autre côté, face au parking): restos, bars, supermarché à proximité, avec un parking public juste à côté.

Bar et resto : le Uno. Ambiance sympa, bons cocktails.

Jour 2 :

Excursion en mer avec Whales Watching, nous laissons de nouveaux nos bagages dans la voiture : 3 heures pour tenter de voir les baleines. Hélas nous ne verrons que 2 dauphins, mais c’est déjà ça, un première pour moi.

Bon à savoir : si les baleines ne sont pas au rendez-vous, on a droit à une autre virée gratuite. En ce qui nous concerne, 3 heures de tangage, c’était bien assez.

Bonne adresse pour déjeuner : le Fish Company

Nous quittons Reykjavik pour la côte sud en vue de notre prochaine auberge près de Kirjubaeljarklaustur, que les locaux appellent Klaustur (c’est sûr, c’est plus pratique)

Nous avalons la route 1, ne croisant quasi aucun village, ni même hameau. Des paysages inhabités, si ce n’est par les oiseaux, les moutons et les chevaux, se succèdent : vastes étendues aux formes organiques recouvertes de mousses ou plages de sables noires, mini collines érotiques en forme de seins, plaines de cailloux de lave noire, prairies vertes, montagnes avec cascades… l’ensemble donne vraiment l’impression d’être sur une autre planète, dans une autre époque, dans Game of Thrones ou le Seigneur des anneaux. On en prend plein les yeux.

En route nous avons fait 3 arrêts : 2 chutes d’eau, celles de Seljalandsfoss et de Skogar, toutes 2 faciles d’accès. Et la somptueuse plage de sable noir de Dyrholaey, avec ses falaises où nichent les oiseaux. J’ai adoré ce moment.

Arrivée à Kirjubaeljarklaustur : le centre ville du coin (120 habitants)! Il n’y a quasi rien d’autre à la ronde. La seule station essence est là, 2 ou 3 restos, un petit supermarché. Autrement dit, la vie nocturne est inexistante, ne cherchez pas le bar à mojito, la salle de concert ou le ciné du coin. Notre guest house est à 20km de là, sur la route 204, on a bien failli ne jamais la trouver tant elle est au bout du monde sur une route qui en plus à l’époque était en travaux ! Entre notre guest house et Kirjubaeljarklaustur, un seul autre hotel resto. sinon rien. Et à côté de notre guest house : rien. Bref, seuls au milieu de nulle part.

Nous avons dîné dans l’autre hôtel du coin, le Laki. Nous y avons goûté de la baleine séchée. La baleine se trouve à la carte de pas mal de restos. Le Laki est une très bonne adresse. Sans doute aussi un très bon hôtel mais quand nous avions réservé il était déjà complet

Bon à savoir : il n’y a pas beaucoup d’hébergements en Islande, il faut penser à réserver à l’avance pour ne pas se retrouver sans rien ou au bout du monde avec obligation de faire beaucoup de voiture pour se ravitailler.

Jour 3 :

Trois petites randonnées faciles dans le Parc National de Skaftafell vers la cascade de Svatisfoss et son collier d’orgues basaltiques puis vers Sjonarsker pour la vue enfin jusqu’au Skaftafellsjokull qui mène au pied du glacier et à ses petits icebergs.

Reprise de la route 1 et direction toujours plus à l’est vers la lagune glaciaire de Jokulsarlon : féérique. Un décor d’icebergs qui se détachent et glissent vers l’océan. Sur le bord de la plage, des multitudes de blocs de glace, sculptés, brillent sur la plage de sable noir. De toute beauté.

Et cette question qui nous taraude depuis que nous avons quitté Reykjavik : mais comment font les quelques habitants pour vivre au quotidien ? Où font ils leurs courses ? Où les enfants vont ils à l’école ? En tout cas, sans voiture point de salut car nous n’avons croisé ni chemin de fer, ni bus, ni centre commercial…

Jour 4 :

Quelques ballades autour de Kirjubaeljarklaustur

Kirkjugolf : une surface plane de pavés en plein champ que l’on croirait construite par l’homme mais qui est due à la nature. L’endroit est juste à côté de la station essence N1, le point de ravitaillement incontournable de la zone.

Petite randonnée jusqu’en haut de la cascade à double chute de Systrafoss puis jusqu’au lac où la légende raconte que deux nonnes s’y sont noyées en essayant d’attraper un peigne d’or tenue par un main sortie des profondeurs. Superbe vue sur les alentours, grandes étendues désertes où serpente la rivière.

Puis direction Fjardrargljufur, sur la route 206 : canyon magnifique, impressionnant.

Bonne adresse : Déjeuner au Systrakaffi, endroit vite bondé, sans doute l’un des seuls endroits où déjeuner dans la région.

Jour 5 :

Nous repartons vers l’ouest pour remonter sur le « Cercle d’Or », circuit touristique composé de 3 sites.

Forcément, ici on croise plus de touristes mais aussi plus de hameaux. La traversée des paysages reste jolie mais relève moins de cette sensation d’étrangeté provoquée par la partie plus à l’Est.

Deux des sites au programme de notre journée.

Geysir : le site des geysers. Ok, c’est un peu l’attraction touristique du coin mais c’est marrant à voir. Ca crache son jet d’eau et de vapeurs de manière régulière, on est sûr d’assister au spectacle. Sur place, de quoi se se restaurer, acheter des souvenirs.

Gullfoss : les plus spectaculaires chutes d’Islande. Malgré la foule, on apprécie l’endroit, la puissance et la beauté de cette cascade d’eau.

Notre hôtel : la guest house Fagrilundur à Reykholt. Un chalet super mignon tenu par un couple très sympa. Le petit déjeuner est copieux et très bon : crêpes, oeufs à la coque, pain fait maison…

Bonne adresse pour dîner : le café Mika

Jour 6 :

Petite réflexion du matin : depuis que nous sommes arrivés en Islande, nous n’avons pas vu la nuit. Que nous nous couchions tard ou nous nous levions tôt, il fait toujours jour.

Découverte du lac de Laugarvatn, on se croirait face à une carte postale, et de la grotte de Laugarvatnshellar, qui fut habitée par des couples au début du XXème siècle. Depuis la grotte, un coup d’oeil sur les alentours vous fait encore sentir seul au monde : pas une habitation à l’horizon, juste une étendue d’herbes jaunes à perte de vue.

Ballade dans le Pingvellir (3ème site du fameux « Cercle d’Or »), le grand parc national d’Islande, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, lieu où les Vikings fondèrent le premier parlement démocratique en 930. C’est dans ce parc que se trouve le plus grand lac d’Islande.

Dans cette région, on voit beaucoup de chevaux et pas mal de possibilités pour faire des randonnées équestres.

Jour 7 :

Nous partons pour la péninsule de Snaefellsnes, connu pour être le cadre du roman de Jules Verne Voyage au centre de la Terre : c’est, selon un texte islandais du XVI ème siècle, dans le Snaefell qu’il faut descendre pour atteindre le centre de la Terre.

Nous traversons des paysages désolés, animés de quelques chevaux et moutons, des montagnes noires comme des terrils plongées dans la brume et des étendues de pierres aux formes rondes recouvertes de mousse.

Un premier arrêt à Budir pour un joli panorama sur une église isolée au bord de l’océan puis à Arnarstapi où l’on peut observer de nombreux oiseaux nicher dans d’impressionnantes falaises.
Dans ce petit coin perdu, à côté d’une pompe à essence, un très bon petit resto. Je me suis laissée tenter par une soupe à l’agneau. En Islande, on trouve de l’agneau sur toutes les cartes, en soupe, sandwich, hamburger… Pas étonnant vu le nombre de moutons que l’on a croisé sur notre route tout au long du séjour.

Bonne adresse : l’hôtel Hellnar avec vue sur la mer.

Jour 8 :

Poursuite de la virée dans la péninsules de Snaefellsnes.

A Hellnar, balade au bord de l’océan et de ses falaises abritant des grottes où niche une myriade d’oiseaux.

Découverte des plages de sable noir de Dritvik et Djupalonssandur. Des coins joliment sauvages. Par contre je ne comprends pas bien l’intérêt d’avoir gardé l’épave éclatée en morceaux épars rouillés d’un chalutier de 1948. C’est juste moche.

Plus loin la plage de sable blond aux eaux turquoises de Skardsvik donne juste furieusement envie de se baigner ou de faire la crêpe sous le soleil.

Nous poursuivons la route jusqu’au village de Stykkisholmur en longeant la côte, alternant grand soleil et zones d’ombres.

Bonne adresse : restaurant Plassid.

Jour 9 :
On quitte la péninsule pour rejoindre Reykjavik.
Balade dans la ville : la salle de concert Harpa, le marché aux puces, le musée d’art contemporain et celui de la photo avec une très belle expo du photographe Ragnar Axelsson.
Tournée de quelques bars dont le Lebowski : il ne vaut pas celui de Berlin et le white russian n’est hélas pas à la hauteur.
La ville est animée, et c’est sans doute la seule du pays (Reykjavik compte 200 000 habitants, l’Islande 300 000).

Jour 10 :
Nous quittons Reykjavik aux « aurores », sur une dernière sensation : marcher dans la ville, à 5h du mat, et croiser les nombreux fêtards qui ont bu et chanté toute la nuit, sans nuit.

 

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