Lettre réponse ouverte à Pierre Ancery

Journaliste indépendant qui s'est tapé une bonne tranche de Cantat dans un article sur Slate.fr

Pierre Ancery, sur Slate.fr s’est fendu d’un article pour commenter la dissolution du groupe Noir Désir (http://www.slate.fr/story/31051/noir-desir-cantat-fini-le-temps-lemportera). L’article est en italique dans son intégralité ci-dessous, mes commentaires en noir. Il fallait que je réagisse.

Noir Désir, le temps l’emportera.

C’était il y a deux mois: pour la première fois depuis l’affaire Marie Trintignant, Bertrand Cantat remontait sur scène. A Bègles, le leader de Noir Désir avait enchaîné trois titres en compagnie du groupe Eiffel. Etrange impression que de le revoir, à 46 ans, hurler «Search and Destroy», un titre d’Iggy and the Stooges, en sautant dans tous les sens. Pas tant en raison de la polémique qui a entouré sa réapparition face au public qu’à cause de la sensation d’anachronisme qui se dégageait de sa prestation. Bertrand Cantat sur scène en 2010? Et pourquoi pas les 2Be3, pendant qu’on y est ?

Sensation d’anachronisme : le mot sensation illustre bien la subjectivité d’un pareil jugement

Comme si tout à coup, on s’était rendu compte que l’époque où Noir Désir était le mètre-étalon du rock français avait bel et bien disparu. Depuis presque une décennie, en fait… Impossible aujourd’hui, pour l’ado de base en intraveineuse d’iPod et de Facebook, d’imaginer que vingt ans plus tôt, ses semblables ne juraient que par «Noir Déz». Impossible sans se replacer dans le contexte des années 80 qui les a vus naître et dans celui des années 90 qui les a vus régner en France.

L’histoire du groupe commence en 1980, sur les bancs du lycée de Bordeaux où se rencontrent Bertrand Cantat, Serge Teyssot-Gay (guitare), Denis Barthe (batterie) et Frédéric Vidalenc (basse). Tous sont dingues d’AC/DC, de Led Zeppelin, des Who : ils commencent à répéter et enchaînent les concerts jusqu’à la sortie de leur premier album, Où veux-tu qu’je r’garde?, en 1987. Les auditeurs éclairés le savent bien: à l’époque, Noir Désir n’est qu’un décalque plus ou moins talentueux du Gun Club, légendaire groupe américain à l’origine d’une poignée de disques à mi-chemin entre blues et punk.

Même manière de chanter, même son de guitare: on raconte d’ailleurs que Jeffrey Lee Pierce, le chanteur du Gun Club, n’a pas trop apprécié de se voir ainsi plagié lorsqu’il a découvert l’existence du groupe bordelais. A la mort de Pierce en 1996, Bertrand Cantat se rattrapera en lui dédiant sa chanson «Song For JLP».

Si je devais lister ici par paire les groupes qui présentent ces caractéristiques communes : “Même manière de chanter, même son de guitare”, la liste serait longue, immensément longue. Du coup, ça me paraît un peu léger comme argument. Et puis quel groupe peut prétendre ne s’être inspiré d’aucun autre ? Quant au coté “légendaire” de Gun Club : qui connaissait ce groupe ? Merci en tous pour la découverte.

Rock français = vin anglais ?
L’anecdote est révélatrice des rapports qu’entretiennent depuis toujours les rockers français avec leurs homologues anglo-saxons. John Lennon le disait déjà: «Le rock français, c’est comme le vin anglais». De Johnny Hallyday aux BB Brunes, tous ont souffert de la comparaison avec leurs prestigieux aînés d’outre-Manche et d’outre-Atlantique. Comme si le rock français, incapable de régler son complexe vis-à-vis du «vrai» rock, n’était jamais parvenu à passer à l’âge adulte. Ni à se démarquer tout à fait de la variété.

Sympa comme introduction. Mais généraliste et sans aucun lien avec le groupe bordelais.

C’est cette inévitable comparaison avec les Anglo-Saxons que Noir Désir aura tenté de dépasser. Leur arme: le soin apportés aux textes, en français à plus de 70%. Pourtant, là encore, leur modèle est à chercher du côté des Etats-Unis. Bertrand Cantat n’a en effet jamais caché son admiration pour Jim Morrison, chanteur des Doors, poussant le mimétisme jusqu’à lui piquer son jeu de scène à base de simili-transe chamanique, mais aussi ses choix vestimentaires (collier indien, jean de cuir moulant). Et comme lui, il n’a pas voulu se contenter de chanter à tue-tête des slogans rock.

Je ne sais pas où vous êtes allé chercher cette idée (de votre chapeau peut-être ?) que Noir Désir aurait tenté de dépasser cette inévitable comparaison avec le rock outre manche ou outre atlantique ! Quant aux comparaisons avec Jim Morrison, là encore, on frôle le ridicule… Jhonny Halliday n’a t il jamais porté de collier indien et de jean en cuir moulant ?
Parler de mimétisme entre Cantat et Morrisson, c’est à faire se retourner Marceau dans sa tombe !

Lui aussi s’est voulu «poète». Histoire que ça n’échappe pas à l’auditeur, ses paroles sont truffées de références à un héritage littéraire très hexagonal, allant de Lautréamont (dans «Les Ecorchés») à Gérard de Nerval («La Rage»), en passant par Baudelaire et Rimbaud («Toujours être ailleurs»).
Un romantisme à succès

Cet attirail du parfait petit artiste maudit, à base de romantisme noir et de mal-être existentiel, permet à Cantat de se constituer rapidement une image d’«écorché vif», d’ailleurs renforcée par un charisme et un sex-appeal indéniables. Bien sûr, le choix courageux de chanter dans un français soigné provoque aussi quelques ricanements: nombreux sont ceux qui critiquent les textes parfois abscons du groupe.

Si les références aux poètes dans certains textes de Noir Désir sont la seule façon pour vous d’affirmer que Cantant se voulait poète, alors monsieur Ancery, ne parlez pas de poésie. Quant à l’attirail du parfait “écorché vif”, poète maudit, si Cantat se l’est “constitué”, il aura bien fait les choses, jusqu’au bout…

Toujours est-il qu’avec les albums Veuillez rendre l’âme (à qui elle appartient) (1989) et Du ciment sous les plaines (1991), aux sonorités assez dures, la recette commence à marcher au près du grand public, notamment grâce au tube «Aux sombres héros de l’amer». Bertrand Cantat commentera avec amertume le succès de cette chanson qui les a propulsés sur le devant de la scène: «Beaucoup de gens n’avaient compris que le premier degré du texte des “Sombres héros de l’amer”, ils prenaient ça pour une chanson de marins, un truc à la Pogues, sans plus…». Malgré tout, Noir Désir parvient dès lors à se distinguer à la fois des bluettes acnéiques de Téléphone et d’Indochine, et des hymnes bourrins des groupes punk alors en plein déclin (Bérurier Noir, Métal Urbain). Jusqu’à trouver un style propre, entre lyrisme post-adolescent et politisation à outrance.

Le groupe l’a lui-même reconnu: cette forte politisation est peut-être ce qui a le plus agacé chez eux. Mais c’est aussi cet engagement sincère qui a fait d’eux LE groupe français emblématique des années 90. La période «politique» de Noir Désir commence réellement à l’époque de Tostaky (1992), un album qui musicalement va plutôt chercher son inspiration du côté du grunge (Nirvana a sorti son Nevermind un an plus tôt) voire du hardcore de Fugazi. Encore une fois, le résultat fait un peu pâle figure à côté de la concurrence anglo-saxonne, mais le disque et son successeur 666.667 Club (1996) cartonnent.

La concurrence anglo-saxonne… Cette sacro-sainte concurrence…
Je trouve que votre article Monsieur Ancery fait pâle figure à cote de la concurrence anglo-saxonne.
Ca marche aussi comme phrase ! Je crois que ça passe avec tout en fait !

Laïus anti-Messier

C’est logique, ils sont alors parfaitement dans l’air du temps : les années 90, si elles voient l’émergence de nouvelles superstars internationales (Oasis, Blur, Radiohead…) sont aussi, pour le rock dit «alternatif», celles du radicalisme et de l’opposition au système —parfois de manière naïve, c’est-à-dire en prêchant les convertis. En France, Noir Désir, avec leurs textes anti-FN («Un jour en France») et anti-capitalistes («L’Homme pressé»), sans parler de leur boycott des modes de promotion habituels (le groupe refuse de jouer à la télé), s’inscrit ainsi dans la tradition du rock de combat inaugurée par les punks des années 80.

Ce faisant, ils portent à merveille, par leur attitude, les revendications d’une certaine gauche contestataire et vaguement anar. On les voit soutenir les Indiens du Chiapas et le sous-commandant Marcos, jouer à Toulon en 1997 lorsque la mairie passe au Front national, ou encore s’insurger contre les lois Pasqua-Debré sur l’immigration: à l’époque, le mélange des genres —rock et politique– va de soi.

Même chose en 2002, lorsqu’ils décrochent une Victoire de la Musique: Cantat, en direct à la télé, y va de son petit laïus sur Jean-Marie Messier, alors PDG de Vivendi Universal, qui se trouve être leur maison de production: « Si nous sommes tous embarqués sur la même planète, on n’est décidément pas du même monde!», s’exclame-t-il devant un Jean-Luc Delarue décontenancé. Ce style revendicatif fait florès: entretemps, des musiciens comme Eiffel, Damien Saez ou Luke, copies carbone des originaux, ont poussé comme des champignons dans le paysage rock français.

Oui, et alors ?

La parenthèse carcérale

Du coup, en 2002, tout le monde aime Noir Désir: les jeunes, les presque vieux, Télérama, José Bové, les punks, les bobos, Les Inrocks et Barclay, leur maison de disque. Il faut dire que leur dernier album, Des visages des figures, qui puise avec talent dans la tradition de la grande chanson française (Ferré, Brel) sans se départir de l’habituel militantisme du groupe (le morceau fleuve «L’Europe»), se vend comme des petits pains. Quant au tube «Le Vent nous portera», il est bientôt repris par les chanteurs de la Star Academy… C’est à peine si quelques voix s’élèvent pour dénoncer le consensus autour d’un groupe qui, paradoxalement, s’est toujours paré d’un certain esprit contestataire.

Il faudrait donc dénoncer systématiquement les consensus ? Et la démagogie, faut-il aussi la dénoncer ?

Mais en 2003, ce qu’on a pudiquement appelé «le drame de Vilnius» vient chambouler cette belle réussite. S’ensuit une mise en veille immédiate du groupe et un silence radio de sept ans. Et puis, après la libération de Cantat, et alors que les spéculations sur le retour à la scène du groupe vont bon train, l’enregistrement de deux titres qui n’ont pas convaincu grand monde: «Gagnants perdants» et une reprise du «Temps des cerises». Et déjà, à l’écoute, l’impression que quelque chose cloche.

Monsieur Ancery, êtes vous spécialiste à ce point du rock et à un niveau international (outre Manche, outre Atlantique, outre outre outre…) pour avoir, à l’écoute de ces deux morceaux, pu sentir que quelque chose clochait ? Et si oui, quoi ? J’admire votre oreille. Et encore plus vos sources quand vous prétendez que ces deux morceaux n’ont pas convaincu grand monde…

Retour au fun

Le problème est simple: pendant leur absence, le monde du rock a changé. Au moment de l’affaire Trintignant, des groupes comme Radiohead ou les Red Hot Chili Peppers pouvaient encore être considérés comme à la mode. En 2010, la chose semble inconcevable. La vague White Stripes, Strokes et autres Libertines est passée par là au début des années 2000, redonnant ses lettres de noblesse à un garage rock sec, direct, dénué de toute emphase et étranger à toute forme de contestation sociale. Le rock redevenait enfin fun, pas sérieux, juste incroyablement cool. Et les stars des années 90 se voyaient immédiatement ringardisées par ces jeunes blancs becs venus de nulle part.

Le rock français, avec deux ans de retard, comme d’habitude, a lui aussi connu un coup de jeune avec l’éphémère mouvement des baby rockers (Naast, Shades, Second Sex…): à peine pubères, arrogants, parisiens, sapés comme des dandys et surtout, parfaitement apolitiques. Bref, l’exact inverse de Noir Désir (dont il faut rappeler que le guitariste n’hésitait pas à porter des baggys sur scène). D’ailleurs, aucun de ces groupes ne les a jamais cités parmi leurs influences. Triste postérité pour les héros des années 90.

Aujourd’hui, le rock français, dans sa majorité, s’est affranchi de toute prétention militante. Ce n’est tout simplement plus in de gueuler contre le système. Imagine-t-on les BB Brunes venir cracher sur le PDG de Warner à la télévision? Ou Phoenix s’engager contre la stigmatisation des Roms? Il est vrai que le rock n’est plus une musique rebelle depuis longtemps, mais les coups de gueule de Noir Désir, fussent-ils en leur temps caricaturaux, avaient laissé croire que la rébellion contre l’ordre établi faisait encore partie du cahier des charges de tout rocker qui se respecte.

Et donc ? Je vous sens tout à fait capable de nous définir le cahier des charges du rock en 2010 Monsieur Ancery. Je serai bien curieux de lire ça ! Parler de cahier des charges du rock, ça, c’est rock’n roll !

Parce qu’en 2010, les groupes de rock ne revendiquent plus, alors Noir Désir n’a plus sa place ? Noir Désir n’est plus in ? Est-il possible d’être aveugle à ce point pour n’avoir pas vu que Noir Désir n’a toujours fait que du Noir Désir, in ou out, devant ou derrière, avant ou après ! Noir Désir, c’est Noir Désir !
Si le groupe avait sorti un nouvel album, vous auriez eu l’air fin à la lecture des chiffres de ventes Monsieur Ancery.

Finalement, l’annonce de la dissolution de Noir Désir, mardi dernier, n’est que la seconde mort du groupe. La messe était déjà dite dès 2003. Peut-être est-ce mieux ainsi: ils resteront comme le groupe phare de la scène française de la fin du XXe siècle et leurs fans pourront continuer à écouter religieusement leurs disques passés, sans se perdre en supputations sur l’avenir musical de leurs idoles. Jusqu’à la reformation en 2025?

29 commentaires

  1. Grrrrrrrr…..!!!!! Même pas eu envie de lire jusqu’au bout…. Mais pour qui il se prend lui…? Réduire Noir Désir et Cantat en l’occurrence à un groupe pour ados, plagiant à outrance et pseudo poète… Pffffffff, y’en a décidément à qui la sensibilité fait cruellement défaut… Les goûts et les couleurs, ok, mais quand on écrit à un article et qu’on s’attaque à un groupe mythique, qui a su se forger une vraie identité, et aller jusqu’au bout de ses convictions sans jamais se laisser bouffer par le succès, l’objectivité est de mise…

  2. Moi aussi çà m’a m’énerve, mais c’est un point de vue -qui se défend mal-.
    A le lire, on a l’impression que le rock n’est plus rebelle aujourd’hui, que les baby-rockers parisiens ont supplanté le “marché du rock” comme s’il y en avait un, et que Cantat devrait porter un jean slim s’il voulait revenir…
    Du gros n’importe quoi. Déjà, de mon point de vue, si çà n’est pas rebelle, çà n’est pas rock. Çà n’engage que moi, mais bien des icônes Rock nous ont quittés aujourd’hui tant ils l’étaient, rebelles.

    Si la séparation de Noir Désir fait autant couler d’encre, c’est justement que l’on – fans ou non – attendait d’eux un retour pétaradant, plein de poésie et d’engagement, pissant sur notre “nabot Léon”, chiant sur notre politique actuelle, et qu’ils assènent le coup de grâce littéraire au capitalisme agonisant. C’est justement parce que le rock français est en berne, parce que l’on considère que des fils à papa boutonneux comme des rockers, qu’on avait plus que jamais besoin de Noir Désir.

    Quoi qu’il en soit, c’est fait, Noir Désir est mort, reste à bâtir du neuf sur ses cendres. Au mauvaises langues, je dirais simplement que parmi ces cendres rougeoient encore quelques braises, et que le vent ne les emportera pas, il les attisera, et les flammes brûlant encore dans le cœur des fans vont s’unir et brûler longtemps encore, ne vous en déplaise M. Ancery

  3. Je suis assez d’accord avec vos commentaires, M. Ancery fait des raccourcis osés et presqu’erronés (parler de rock sur une trentaine d’années en un nombre de signes restreint n’est jamais évident, pour ne pas dire complétement casse-gueule!) mais ne pas voir le mimétisme de Cantat envers Morrisson (c’est français comme syntaxe??) c’est assez fou quand même… Le même râle, souvent la même attitude, la même manière de déclamer… Mais cela ne m’a jamais empêché d’adorer les Doors et d’apprécier NDésir tout de même!

  4. Encore un blaireau de critique à la française : leur spécialité? écrire un “bon papier”, sans rigueur, sans fondement, allant à contre courant juste pour se démarquer, se faire remarquer!
    Comme beaucoup de critiques de cinéma, ce mec a du bander en relisant son papier alors qu’il aurait mieux fait de relire les textes de Cantat, de lire l’histoire du Rock! ça lui aurait évité de dire des conneries!
    Sur que ce mec se fait une idée d’un concert en pyjama dans son canapé sur son écran plat!

  5. @puskas : fan de Noir Désir (si vous étiez pas au courant ;) ), j’ai jamais fait le rapprochement avec Jim Morrison, et c’est pas faute d’aimer les Doors. Mais est-ce vraiment reprochable ?

  6. Bien dit Nico…! ; ) “parmi ces cendres rougeoient encore quelques braises, et que le vent ne les emportera pas, il les attisera…”

    Pareil (“fan”, même si j’aime pas ce mot…), je n’ai jamais fait de parallèle entre Cantat et Morrison… Oui ok, un immense talent, excessifs et écorchés tous les deux, une présence scénique et une voix torturée… Mais ça s’arrête là, chacun a une identité et une personnalité bien à lui, enfin de mon point de vue… Après, chaque artiste a des influences… forcément et tant mieux ! (il est où d’ailleurs le problème M. Ancery ?) et ça ne m’étonnerait pas que Jim fasse partie de celles de Cantat, comme l’est sans doute aussi Robert Plant… et tout comme l’ont forgé Lautréamont ou Baudelaire… Enfin…

  7. @ Pierre
    Je ne vous le reproche pas, la musique c’est du ressenti donc subjectif, on y entend ce que l’on veut, mais ça me semble, malgré tout, flagrant le lien ascendant Morrisson>Cantat. Mais je ne le reproche pas non plus à Cantat, les artistes ont des influences (conscientes ou pas d’ailleurs), et je préfère qu’il s’inspire de Morrisson que de Jean-Luc Lahaye, bizarrement… d’ailleurs vous allez adorer the Gun Club si vous êtes fan de Noir Désir. Un bon point pour Pierre Ancery, ne vous en déplaise.
    @ Pierre et aux autres posteurs
    Je vous trouve très dur avec Pierre Ancery. Je partage l’avis de Pierre Dreulle sur certains de ses commentaires, son papier n’est pas génial et surtout très très bancal, mais de là à le dézinguer à tout va… C’est sûr que l’on sent qu’il n’apprécie guère Noir Désir (il a le droit), qu’il fait un parallèle avec l’histoire du rock, forcément raccourci et non-exhaustif (trop audacieux à mon avis et quasi impossibilité d’objectivité), et qu’il enterre le rock un peu vite. Mais bon c’est un point de vue. Le commentaire est aisé, écrire un article difficile.

  8. @Puskas : oui, j’ai été assez dur avec Pierre Ancery (dont j’ai apprécié certaines de ses réponses sur les commentaires de son article). C’est parce qu’à la lecture de son article, j’ai eu le sentiment qu’il se faisait un peu plaisir… Et puis y a quelques conneries dans ce qu’il dit, ou du moins des jugements subjectifs avec lesquels je suis en droit de ne pas être d’accord. Bref, j’ai envie de dire : c’est de bonne guerre, pas bien méchant.
    Et je vous concède que le commentaire est aisé en regard de l’écriture d’un article. Et Pierre Ancery se débrouille très bien en la matière. C’est sur le fond que j’ai pas accroché.

  9. Quand quelqu’un fait de la merde, je pense qu’il faut lui dire. Pas que c’est une merde, il peut encore changer, mais qu’avoir produit de la merde fait de lui une merde. J’ai certainement aussi une fâcheuse tendance à faire l’amalgame entre l’ouvrage et son auteur, peut-être mon côté rock’n’roll, je ne sais pas.

    Je sais, beaucoup de “merde”. C’est mon côté poète. Et puis MERDE!!!, dans une éloge funèbre on est normalement plus sympa!

    Comme si çà ne faisait pas assez chier que le groupe se sépare, môssieur bidule vient en remettre une couche!

    fâché tout rouge. GRRRRR

  10. ouais, les critiques…à l’époque phillipe manoeuvre pour l’album “highway to hell” de ac/dc avait dit : “Un disque même pas bon à voler chez le disquaire.” et pour le 2em album de Queen : “qui entendra encore parler de Queen dans 10 ans”……:0)

    Pour la filiation avec morisson pour moi c’est une évidence. Mais, comme tu le dis pierre, l’artiste ne se construit pas ex nihilo. Il subit toujours des influences. Le critique aussi apparemment ;0)

  11. Par contre ne perdons pas de vue que donner son avis et a fortiori en faire sa profession (c’est à dire travailler à motiver son avis par une connaissance toujours plus accrue de sa matière) ; c’est toujours prendre un risque et ça c’est respectable.

  12. Ouf, je prenais un risque ;0)

  13. Par contre du coté obscur dans” le masque et la plume “sur france inter dimanche dernier, les mecs parlent d’un bouquin qui regroupe les oeuvres d’un mec mort récemment. Un des critiques commence sont intervention par “Les seuls bonnes pages de ce livre sont les pages 451 et 452. Car l’auteur y parle de moi.” s’ensuit la lecture des dites pages ou l’auteur descend ce critique en flamme.
    Et le critique dédaigneusement, d’un ton suffisant de répondre point par point a cette diatribe.
    Sauf que le mec est mort.
    Et que de son vivant il n’a jamais répondu publiquement à ce texte.
    Ce que d’ailleurs à dénoncé un autre critique qui hallucinait comme moi.

    Un seul mot beuark.

  14. @ Pierre : Et d’un autre coté celui qui “fait” prend aussi un risque.
    T’es un risquetout en somme :0)

  15. tellement dacodac avec ça : “Pour la filiation avec morisson pour moi c’est une évidence. Mais, comme tu le dis pierre, l’artiste ne se construit pas ex nihilo. Il subit toujours des influences. Le critique aussi apparemment ;0)”

  16. Pierre Ancery m’a répondu sur slate.fr à cette adresse : http://www.slate.fr/story/31051/noir-desir-cantat-fini-le-temps-lemportera
    Je vous invite à y lire les différents commentaires, c’est riche et argumenté.

    En attendant, voici sa réponse :
    Bonjour et merci d’avoir pris le temps de répondre à l’article.

    Tout d’abord je voudrais juste préciser que Noir Désir est bordelais et non toulousain.

    Ensuite, je suis heureux de vous avoir fait découvrir le Gun Club. Je vous recommande tous particulièrement leurs deux premiers albums, les fantastiques “Fire Of Love” (1981) et “Miami” (1982). Il est vrai qu’ils n’ont pas connu le succès qu’ils méritaient, mais ils ont influencé nombre de groupes souvent talentueux, y compris en France (je pense à Noir Désir, mais aussi à des formations plus confidentielles comme les Vicomtes de Beaumont).

    Pour le reste, effectivement je ne puis que souscrire à votre analyse quant à la subjectivité de mes propos sur la valeur “poétique” de Noir Désir. En revanche, s’il est vrai que je remets partiellement en cause les qualités littéraires des textes de Cantat, il serait excessif d’y voir un argument à charge contre la valeur musicale du groupe.

    Je m’explique : les Beatles, lorsqu’ils chantaient “She loves you” en 1963, se distinguaient-ils par l’originalité et la profondeur de leurs textes ? Non. Cela faisait-il d’eux un mauvais groupe ? Certainement pas. En matière de rock, musique légère par excellence -genre “mineur” diront certains-, les paroles sont bien souvent secondaires.

    Noir Désir, pour la première fois peut-être dans l’histoire du rock français, a volontairement mis en avant les textes, en les soignant tout particulièrement et en tentant de leur donner une authentique valeur poétique. En se plaçant dans ce champ « littéraire », ils ont donc choisi de s’exposer à la comparaison avec les artistes qui les y avaient précédés.

    Sans aller jusqu’à Rimbaud ou Baudelaire, on peut remonter jusqu’à des grandes figures de la chanson comme Léo Ferré ou Jacques Brel. Et c’est là que le bât blesse : franchement, entre les paroles de « Ne me quitte pas » et celles d’« Aux sombres héros de l’amer », il y a comme un gouffre, vous en trouvez pas ? Après, évidemment, les goûts et les couleurs, vous savez ce que c’est… Mais tout de même ?

    Enfin je pense avoir été déjà suffisamment explicite à propos de l’aspect strictement musical de leurs chansons (composition, son de guitare, etc.) : il est possible que Noir Désir ait été le meilleur groupe français de son époque… mais de là à les prétendre capables de rivaliser avec les Anglais et les Américains, il ne faudrait quand même pas exagérer.

    Pour réagir une dernière fois à vos propos M. Ancery, je tenais pour commencer à vous rendre hommage pour la peine que vous vous donnez à répondre à vos lecteurs. Rien ne vous y oblige et c’est très agréable (vive Internet aussi pour ça).

    Pour le reste, j’ai personnellement du mal avec les comparaisons, les références. Noir désir s’applique dans ses textes, il faut donc confronter leurs textes à ceux d’autres auteurs. Noir désir fait du rock, il faut les comparer aux groupes rock, et ceux du monde entier et bien vérifier que leurs textes sont d’une légèreté nécessaire. Bertrand Cantat chante, il a donc forcément calqué son chant sur celui d’un de des prédécesseurs.

    J’ai du mal avec ces comparaisons et dans tous les domaines de l’art. Pour deux raisons. La première : tout le monde n’a pas le privilège d’avoir toutes les références nécessaires (personne ne peut se vanter de les avoir toutes d’ailleurs) pour apprécier une œuvre. Et alors, cela devrait-il empêcher d’apprécier une œuvre ? Il est des œuvres qui me tirent les larmes, sans que je n’ai aucune référence en la matière… La seconde, c’est que ces références sont subjectives. Toujours, inévitablement, indiscutablement, il y a une part de subjectivité dans ceux qu’on considère comme des références…

    Je m’égare un peu, mais pas tant que ça. Je voulais juste dire que j’avais du mal avec les critiques construites sur les comparaisons. D’autant quand elles sont orientées (aux sombres héros de l’amer VS ne me quitte pas).

    M. Ancery, au plaisir de lire vos prochains articles, et merci d’avoir pris la peine de me répondre.

  17. Pour une fois que l’on peut dire “chapeau l’ critique” !
    Merci monsieur ancery.

  18. wilfried salomé

    éh béh….ça commence par un article aigri comme j’en ai rarement lu (celui d’ancery). Le plus indigeste est le mépris contenu dans les expressions entre guillements ( oh le lui aussi s’est voulu “poète” , et autres exemples déniant carrément a Cantat sa sincérité émotionnelle, comme si tout avait calculé) ; ça continu bien avec la réponse de p dreuille ; et ça se termine en un petit thé sur la terrasse… en politesse et en : nous avons bien fait d’ouvrir un débat reprenez une langue de chat. éh oui : la méthode des réactionnaires n’a pas changée, et fonctionne toujours aussi bien : un coup de froid, un coup de chaud, pour se terminer en tiède… C’était louable, monsieur dreulle, et vous voilà bien empaqueté. Au moins j’ai assisté a la naissance d’une belle amitié. Et je suis rassuré : on progresse.

    je vous laisse, j’ai un avenir a construire.

    Ne prenez ni l’un ni l’autre sur votre temps pour répondre : votre temps est trop précieux. Et une bonne maîtrise du temps est la marque du génie. Comme une bonne maîtrise de la langue. N’est ce pas ?

  19. Mon cher Wilfried,

    Je vous accorde beaucoup de crédit lorsque vous parlez d’aigreur, je n’en doute pas, vous êtes un spécialiste.

    J’ai mis un terme à la conversation avec M. Ancery parce que 95% de la communication est non-verbale. Qu’à l’écrit, chaque mot est matière à interprétation, à subjectivité. Bref, le débat à l’écrit est rarement très constructif, voire parfois stérile.

    M. Ancery et moi ne sommes pas d’accord, et nous nous le sommes dit, en long, en large et en travers, autour d’une langue de chat. Elle est pas belle la vie ?

  20. wilfried salomé

    vous avez réussi a me faire sourire, avec la langue de tchat..un pas vers le retour a la joie de vivre, voyez..le chemin va étre long, mais je reste confiant…. Je ne m’exprime jamais sur les forums, pour les raisons que vous exprimez. Mais cet article sur Cantat m’avait tellement énervé que je voulais y répondre, et en voyant votre message, j’ai vu que quelqu’un l’avait déjà fait, et bien. Les justifications de ce monsieur ancery ne m’ont pas convaincus ( trés houellebecquiennes: “je ne fais que décrire la société dans laquelle je vis, et caetera, ce qui permet toujours de ne pas se mouiller, de faire marche arrière, bref trés intellectuel a la française) Sous couvert de tolérance a la bêtise, on reste éternellement dans un consensus mou. Si vous avez cette patience, trés bien. C’est certainement une qualité, je le dis sans ironie. Moi, non, je n’ai pas cette patience; et je ne pense pas que dire le fond de sa pensée puisse être assimilié a de l’aigreur. Débusquer l’intolérance ne saurait être assimilé a un manque de tolérance. Et c’est bien la le problème et, a mon sens, le piège stérile intellectualiste que vous évoquiez.Et j’ai juste été déçu de votre réaction a son message. Il m’a semblé que vous n’assumiez pas vos premiers propos, exactement comme votre interlocuteur n’assumez pas les siens. voila. Et,non, je ne désire pas ouvrir un débat : La vie est belle. Et je n’ai rien contre vous, est-il utile de le préciser ? il y a juste des jours ou les réactions se font a chaud…c’est ça, etre humain. bien a vous. WS.

  21. Non mais vous vous croyez où là? C’est raté c’est raté, y a pas à tortillonner du cul. Des excuses qui n’en sont pas, on assume moyennement sa bourde, et ensuite mes geins rivalisent d’effets de manche… Arrêtez de jouer à qui a la plus grosse… verve, çà me débecte tout çà.

    On est très loin du problème de départ, Noir Désir est mort, et on s’amuse à pisser sur sa tombe pour se faire connaître alors qu’on devrait simplement rendre hommage …

    Espérons juste que, pauvres français que nous sommes, arriverons à nouveau à mêler Rock et chanson à texte, parce que j’ai honte des trucs gentillets-bobo-gratte-cul qui se vendent aujourd’hui.

    Et au passage, “bien à vous”, çà fait pas un peu “too much” dans ce millénaire?

    bécot ma couille

  22. wilfried salomé

    et voilà, c’est partiiiiiiiii….par contre, d’accord avec le dernier message, les charognards autour du cadavre, c’est écoeurant, et on sait pertinnement que ça fait plaisir a bcp de monde, la disparition de ce groupe…Alors cessons de nous reunir , et agissons. Pour preuve:

    Et ce n’est pas pour “me faire connaitre” , ce qui me motive c’est la création. Vous savez quoi : putain d’écran d’ordi….je vois comment tu m’imagines,nico, mais un coup dans l’eau…
    Je ne joue pas a qui a la plus grosse. Tranquille, frérot. Et a ce propos rien a FOUTRE de la manière dont il faut ou non utiliser le langage pour être de ce millénaire…

    Bien a toi, ma couille.

  23. @Wilfried : j’ai un doute… Mais j’ai ptêt mal compris. Nico s’adressait au journaliste là non ?

  24. Ben si, en fait, ;-)

    Je n’ai rien contre vous en particulier, Wilfried, si tu me permets de te “voustoyer”, tu n’as pas dit de mal de Noir Dez, toi, et nos avis sont plutôt similaires. Je voulais juste recentrer le débat, parce qu’entre Pierre et toi qui vous courtisez, et la diversion de M. Ancery qui a l’air de marcher, puisque les propos se nuancent, j’avais envie de remettre un petit coup de pied dans la fourmilière.

    Et sur le “bien à vous” c’était juste un petit clin d’œil, mais bon… j’ai un don pour me faire des amis, faut croire!

  25. Je n’ai pas l’impression d’avoir nuancé mon propos.
    Je suis effectivement agréablement surpris sur le fait que ancery ai répondu à pierre.

    Pour le reste j’ai déja donné mon avis sur les critiques.

    Rien que l’intro donne déja le ton et l’axe de la critique.
    “Cantant sur scène en 2010 et pourquoi pas les 2be3.” Pour que cette idée soit intéressante il aurait fallut écrire “cantat sur scène en 2010 et pourquoi pas NTM.” comparons ce qui est comparable. Et là la question devient intéressante.
    La révolte est elle crédible l’age passant ? La sincérité ne devient elle pas une simple posture au fil du temps ?

    Monsieur Ancery y met trop d’affects et cesse de voir objectivement les percepts.
    Il perd de son objectivité.
    Il semble préféré le rock festif, fun, le rock détente plutôt que le rock revolver.
    Libre à lui mais que cela n’affecte pas son travail.

    A l’époque ou le message de révolte n’était plus porté que par le hip-hop, noir désir était parmi les seuls si ce n’est le seul représentant du rock à s’y coller encore, en étant non seulement crédible, mais aussi révolutionaire dans le paysage du rock français.

    Ce n’est pas un hasard. Et les sources d’inspirations n’y font rien.
    Qu’on me cite un seul artiste issu d’une génération spontanée et je lis un sulitzer :0)
    Même rimbaud a des influences, alors…un argument vraiment pas recevable.

    Si on résume on peut dire : “noir désir c’était pas bien parcequ’ils dénonçaient le système et qu’ils en faisait partie.”
    Si je dis Camus, Sartre, Céline, Deleuze aussi (la liste n’est pas exhaustive), est ce que j’ai tord ?

    Par contre pleins de références intéressantes sur des groupes que je ne conaissais pas et sur les sources de noir désir.
    Il y a toujours une substantifique moëlle, tout de même.

  26. wilfried salomé

    nico : sorry, j’avais mal interprété…La ou dreulle a raison, c’est les mal entendus sur le web;…On est d’accord donc, et recentrer c’est une trés bonne idée…Mais rien a dire de plus de mon coté : ce ancery est caricatural. Il me fait penser a ces proviseurs moralistes qui se tirent aux secheylles avec les subventions de l’état…la culture rock, c’est bien…l’esprit libre, c’est mieux. Je persiste : relisez le , et regardez bien comme il place les “guillemets” pour appuyer ses piques…tout les réacs prétendent toujours que la modernité est un bienfait, se cachent derrière elle…intellectualisme a la franksaise genre :” ceux qui dénoncent sont juste des adolescents attardés qui n’ont pas compris ou pas réussi a évoluer”…Je ne devrais pas, je sais, je sais, mais ce genre de type me donne des boutons , même par écran interposé… mais je suis persuadé qu’il est de bonne foi, ce qui est encore pire. Bref : sujet clos pour moi.certains ne comprendront jamais. So: Love the best , fuck the rest !!! pensées. WS.

  27. Vu et lu sur CHICKEN’S CHICOTS

    “Denis Barthe tenait à intervenir pour dire ce qu’il pense de la fin de Noir Désir, de la façon dont il l’a vécue et la vit. Il tenait à s’exprimer le plus clairement possible, sans que ses propos ne soient interprétés ou tronqués, d’où cette intervention mise en ligne en intégralité. Cet entretien a été enregistré le 7 décembre 2010 par CHICKEN’S CHICOTS, le montage a été validé par Denis BARTHE pour une mise en ligne sur DAILYMOTION le 8 décembre.”

    Bon, on apprend pas grand chose finalement…

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