“Je lisais Boris Vian”

Descendue à Lille Flandres, je t’ai vu me regarder mais n’ai pas osé réagir. J’aurais aimé au moins te sourire.

“Le 24 Décembre, début de soirée, tu me sembles très grand, yeux foncés, avec un paquet cadeau rouge ou rose. Je me suis assise à côté de toi, à ta droite. Tu portais un jean bleu, des chaussures noires et un bonnet peut être noir aussi. Un manteau beige je crois. Je ne suis pas capable de te décrire plus car j’osais à peine te regarder : juste ton reflet dans la vitre d’en face durant quelques secondes mais tu l’as remarqué et j’ai baissé les yeux. Nos regards se sont croisés dès que je suis entrée dans la rame à Eurotéléport mais je suis très timide. Je portais une veste colorée avec empiècements, un jean et des boots. J’ai les yeux bleus et le teint clair, plutôt grande, 1.75, et les cheveux déliés, arrivant aux épaules. Je lisais Du Boris Vian.

Descendue à Lille Flandres, je t’ai vu me regarder mais n’ai pas osé réagir. J’aurais aimé au moins te sourire.”

Joli non ?
C’est une des annonces passées sur www.croisedanslemetro.com.
J’adore cette idée.
Qui n’a jamais croisé un regard brûlant, échangé un sourire timide, frôlé une épaule, effleuré une main, dans une rame de métro, et s’être dit après : putain mais pourquoi je ne lui ai pas adressé la parole ????
Aujourd’hui, internet nous offre Meetic ou Adopteunmec mais il permet aussi de donner une chance aux rencontres fortuites comme celle du métro.

“Tu es grand brun fin perdu…
Tu es grand brun fin perdu dans tes pensées, un appareil photo au tour du cou. Nos regards se sont croisés. Appelle moi. Si tu reviens j’annule tout”
Rédigé par un homme pour un homme, à Lille, station Montébello.

Ce site couvre aujourd’hui Lille, Bruxelles, Paris, Marseille, Rennes et Toulouse. Je me demande si des histoires d’amour ou même de cul ont déjà vu le jour suite à croisedanslemetro.com.

“Tu étais moi j étais toi.
Tu étais assise en face de moi, tu me souriais, j osais à peine te regarder, tu me troublais tellement…je portais une casquette avec une capuche noir, tu avait ton casque sur les oreilles…et des yeux magnifiques.”
Un homme pour une femme, Paris, Place d’Italie

En tout cas, à la lecture de ces bouteilles à la mer, on peut se dire qu’il n’ y a vraiment pas grand chose pour aller du transport public au transport amoureux, non ?

8 commentaires

  1. Merci pour cet article. En tant que roi des actes manqués,
    J’adhère complètement au concept. On a tous été paralysés par ce genre de situations à la fois plaisantes, mais aussi flippantes.

    Personnellement je ne suis pas intéressé par les meeting et compagnie, mais je crois par contre à ce genre de rencontres.
    Un regard, une attitude, et d’autres choses encore peuvent changer deux vies en quelques secondes. Croire que ce genre de choses peuvent se produire n’est jamais vain, et si ces gens jettent une bouteille à la mer, si le message ne parvient pas au destinataire, le messager lui, grandit.
    Ce dont je suis sûr, c’est qu’un jour ou l’autre, ces personnes ne laissent plus s’échapper ces moments où le temps se suspend. Quand ce jour arrive, les plus belles histoires voient le jour.
    Vivent les romantiques, vivent les bouteilles à la mer.
    Je veux croire qu’un jour le temps arrêtera sa course, le temps d’un regard, le temps d’effacer toute timidité, toutes les barrières que l’on s’impose, pour une jolie nana et pour moi.

  2. Dans un autre genre, et en moins bien, car moins “localisé” :
    http://www.unebouteillealamer.com/
    http://www.labouteillealamer.fr/

  3. j’adore l’idée je crois plus à une vraie rencontre dans les transports en commun qu’à la Fabrik….. J’ai bien rencontré mon premier amour dans un supermarché…”Vivent les romantiques, vivent les bouteilles à la mer”….. pour reprendre les mots de Nico

  4. Valérie, je te présente Nico…
    Nico, je te présente Valérie…
    :)

  5. l'infâme torche

    l’idée est belle mais une fois le site trop connu (ils conseillent de coller des autocollants du site dans le métro) ça perdra tout son charme, ce qu’on aime c’est le “et si …” cette suite rêvée au croisement de regard, à l’échange de quelques mots qu’aurait pu donner l’élan de courage que l’on a pas eu et si on a assez eu pour poster une déclaration quelquepart c’est l’acte de poster cette déclaration et son infime chance de trouver son destinataire par une coïncidence inouie qui serait beau et qui ferait qu’aux yeux de nos deux correspondants elle serait marquée de l’empreinte du destin. Reste le plaisir de lire ces lettres, parfois très belles parfois amusantes ( http://lille.croisedanslemetro.com/annonce/960/ )mais on y trouve déjà de la petite annonce de base. Et oui il y a déjà eu des gens qui se sont reconnus , j’ai lu ça sur leur blog: une dame et …..l’un des concepteurs du site :)

  6. Ouf, merci de ne pas me laisser seul face à mes rêveries… Pendant un instant j’ai cru que je serai le seul à m’exprimer!

    En fait, çà me rappelle une rencontre faite en gare de Lens, il y a quelques années maintenant:
    Je me suis assis dans mon train, côté fenêtre. Un train était aligné à côté du mien, et attendait des voyageurs. Perdu dans mes pensées, j’ai sorti mon bouquin, mais n’ai pu me résoudre à l’ouvrir, car une ravissante inconnue était assise dans le train voisin. Je l’ai regardée, et suis tombé sous le charme en une seconde. Elle m’a vu, et j’ai plongé les yeux dans mon livre, certainement à l’envers. Timidement, après quelques temps, je n’ai pu m’empêcher de la regarder à nouveau, et elle me souriait, d’un sourire magnifique. Je ne sais pas si j’ai pu faire autre chose que sourire moi aussi, mais plus bêtement, en tout cas c’est à se moment précis, -vous allez comprendre ce que le mot service veut dire- que son train s’est mis à avancer. Ne comprenant pas ce qui se passait, je me suis levé, et j’ai posé la main sur la vitre. Elle non plus n’a pas eu l’air de comprendre, et s’est levée aussi, en me regardant. Elle ne souriait plus. Très rapidement, je l’ai perdue de vue. Je venais de vivre une jolie histoire, mais la plus courte de ma vie.
    Pendant plus d’un mois j’ai erré sur ces quais, aux mêmes heures, en espérant la retrouver, prenant des trains qui partaient à l’opposé de ma destination pour espérer la revoir, mais çà n’est jamais arrivé.
    J’aurais bien aimé jeter une bouteille à la mer à cette époque, et c’est pourquoi j’adhère autant à cette idée.

    Je sais que cette histoire a l’air tirée d’un roman à l’eau de rose, mais ce n’est pas le cas. Je sais d’ailleurs que je vais regretter de l’avoir écrite ici, donc vite, je termine et je clique, avant d’effacer tout çà.
    Si croisedanslemetro.com n’était pas vraiment désintéressé, au moins il aura servi à une personne, ce qui est déjà pas mal en soi.

    Ce genre d’histoires, que l’on a tous vécues, enfin j’espère, ne devraient jamais se terminer de la sorte, et c’est pour çà que je garderai toujours mon optimisme. Ridicule ou non, j’assume, enfin… pour l’instant ;-)

    En tout cas, je constate que tu es toujours le même, Pierre. :-)
    Mais bon, jouons le jeu:
    Enchanté Valérie, ravi de voir que d’autres personnes partagent encore mon point de vue optimiste. Ça rend la vie plus belle alors ne laisse jamais tomber ce bon côté de ta personne.

    Euh… Pierre, si tu veux censurer ce message “nunuche”, n’hésite pas. Ça me rendrait plutôt service je pense. ;-)

  7. J’adore ton histoire Nico, trop mignon !
    Et j pense que ce type de site a tout son intérêt. En tout cas, tu lui donnes une raison d’exister.

  8. Je me jette à l’eau en racontant comment j’ai osé faire le premier pour ma première histoire d’amour afin que Nico se sente moins seul….Enchanté Nicolas de faire ta connaissance, je partage complètement ton point de vue optimiste même si l’entourage est toujours là pour me rappeler que je suis trop “cucu-la-praline” ou que j’ai trop regardé Candy quand j’étais petite…lol
    J’ai rencontré ce beau jeune homme qui ressemble beaucoup à Frédéric Lopez (RDV en terre inconnue) dans le supermarché du village où je faisais mes courses très régulièrement. J’étais connue comme le loup blanc. J’étais cliente. Lui était le nouveau jeune directeur de ce supermarché qui faisait exprès d’ouvrir une caisse lorsque la file d’attente était trop longue pour moi. Après avoir joué à cache- cache dans les rayons durant quelques semaines, en s’échangeant des regards qui en disaient long , j’ai finalement repéré sa voiture sur le parking.Je lui ai écrit une belle déclaration au stylo -plume sur un beau papier-à-lettre que j’ai parfumé que j’ai glissé dans une belle enveloppe coordonnée au papier. Un soir, peu avant la fermeture du magasin, j’ai déposé cette lettre sur son pare-brise. J’avais pris le soin de la glisser dans une pochette plastique en cas de pluie. 2 heures plus tard, il me téléphonait et me donnait rdv pour boire un café au centre ville …..du village. C’était le jour de l’été et la fête de la musique, il faisait beau, un couple de pigeons roucoulait non loin de nous….. Ma lettre lui a beaucoup plue. Ce fut le début d’une belle histoire. Nous sommes restés 2 ans ensemble avant qu’il ne retourne dans sa Vendée natale.
    Tant pis si certains me trouvent trop “cucu-la-praline”…. Je n’ai jamais regretté d’avoir fait le premier pas bien au contraire. Même si je sors toujours en boite le vendredi soir, je clame haut et fort que je crois toujours à une belle rencontre comme ça…Alors “vivent les romantiques, vivent les bouteilles à la mer” Une bouteille à la mer peut parfois arriver à son destinataire. Il vaut mieux vivre avec des remords qu’avec des regrets…

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